samedi 5 février 2011

Interview - Maxime Simoëns

La perle rare de la Nouvelle Couture

Vous avez un parcours sans faute, la presse est élogieuse à votre sujet depuis votre passage au festival d'Hyères et vous avez même fait pleurer Mademoiselle Agnès ! Cette étiquette de surdoué de la mode n'est pas trop lourde à porter ?
Non ça va pour le moment ! Le but c'est toujours de faire mieux pour la collection suivante. Chaque créateur essaie au fil des saisons de se renouveler en gardant ses codes identitaires. Avec cette nouvelle collection j'ai approfondi, défini un peu plus mon style et mes envies. C'est la comparaison au début avec Yves Saint Laurent m'a gêné. Mademoiselle Agnès a fait le parallèle mais en parlant du physique et toute la presse l'a repris d'un point de vue stylistique. C'a été dur à porter. Je préfère qu'on me prenne pour ce que je suis plutôt que l'on m'identifie à quelqu'un d'autre.


Votre nouvelle collection s'intitule L'envol Féminin. Pourriez-vous nous la présenter ?
Tout est parti du film Coco avant Chanel. Son parcours et son désir de révolutionner le vestiaire féminin étaient intéressants. Ça a été le point de départ. Je voulais garder cette idée mais tout au long du 20ème siècle, suivre une évolution. Comment d'une femme corsetée l'on arrive à une femme libérée qui porte des mini jupes notamment. Au niveau de la collection, on retrouve des détails années 20 avec le clin d'oeil au charleston et les robes à franges et le volume au niveau des hanches. Les années 40 m'ont inspiré des pantalons taille haute, des manches bouffantes et les années 60 l'aspect hyper structuré des petites robes trapèzes dans la lignée de Courrèges. Et enfin les années 80 avec les épaules qui prédominent la silhouette sans être oversized. Je voulais aussi faire référence au côté militaire, évoquer la croisade, la femme qui doit aller au delà des a priori et aller à la conquête de sa liberté. On retrouve cette influence sur les vestes boutonnées et les robes aux lignes géométriques qui peuvent faire penser aux tuniques des croisés. Je voulais aussi symboliser l'envol féminin avec le papillon. La chrysalide qui se rompt. Mais plus au niveau des imprimés. Je ne voulais pas des imprimés trop naïfs, du coup on a travaillé les papillons en les détournant, en les mettant en abîme. Au final, les papillons minuscules mis côte à côte se transforment en imprimé léopard. J'ai aussi beaucoup travaillé avec les motifs des ailes de papillons que j'ai zoomé au maximum.


Vous avez travaillé pour plusieurs grands couturiers. De quelle manière ont-ils influencé votre travail ?
J'ai beaucoup appris au niveau de l'organisation. Travailler chez Jean-Paul Gaultier à l'accessoire, chez Dior à la broderie et chez Balenciaga avec Nicolas Ghesquière à l'imprimé m'a permis de voir leur propre fonctionnement, à chaque fois différent. J'ai vraiment trouvé ça intéressant. J'y ai appris des méthodes de travail. Pour le style, je n'ai pas un créateur fétiche. Tout m'inspire de manière différente, il y a toujours des pièces qui nous marque plus que d'autres. J'adore les années 20 où on retrouve une ligne architecturée et géométrique, les sixties et l'univers de Paco Rabanne et Thierry Mugler dans les années 80.


Avez-vous des matières de prédilections ?
Ce que je préfère ce sont les contrastes de matières, comme le mat et le brillant. Mais j'aime beaucoup travaillé avec l'organza pour réaliser les mille-feuilles des robes.


Vous produisez vos pièces en France. Cela vous tient à coeur ?
C'est d'abord un gage de qualité vis-à-vis des acheteurs. Le " Made in France " est toujours très apprécié. C'est également un souci d'ordre plus pratique : nous produisons de petites quantités qu'il serait trop onéreux d'exporter.


Quel est pour vous le moment le plus fort dans votre carrière ?
Le premier défilé avec Jean-Paul Gaultier été magique. Moi qui ai toujours voulu travaillé pour lui, j'ai réalisé mon rêve.

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